L’anorexie inversée ou dysmorphie musculaire

Publié le Mardi 7 février 2012 par Chantal

C’est le complexe d’Adonis : un trouble du comportement inverse de l’anorexie mentale qui concerne les hommes uniquement. Malgré leur corps de bodybuilder, ceux qui en souffrent perçoivent leur taille, leur poids et leur musculature comme insuffisants. Résultat: régimes alimentaires stricts, musculation excessive et consommation de stéroïdes anabolisants…

Il est beaucoup question du lien entre les troubles du comportement alimentaire chez certaines femmes et jeunes filles et les images de minceur frôlant l’anorexie qui sont véhiculées par la publicité et les magazines de mode. Mais désormais, le sexe fort n’est plus à l’abri du dictat des médias de masse et des canons de la beauté qu’ils imposent. Alors qu’autrefois, les hommes se souciaient peu ou prou de leur silhouette, aujourd’hui l’intelligence, l’humour, la position sociale et le niveau de revenu ne suffisent plus à leur garantir succès et conquêtes. Le nouveau statut du corps masculin et de la virilité serait en train de générer un phénomène qui peut avoir des conséquences aussi graves que l’anorexie: il s’agit de la dysmorphie musculaire (de l’anglais muscle dysmorphia), ou anorexie inversée, parfois aussi appelée « Complexe d’Adonis ».

Cette pathologie implique le recours excessif à l’exercice physique, source de fatigue, de lésions musculaires ou articulaires et de dopages dangereux. Comme chez les anorexiques, les hommes qui en souffrent sont insatisfaits de leur corps dont ils ont une perception erronée: ils se trouvent ou trop petits ou trop peu musclés, malgré une masse musculaire généralement supérieure à celle des bodybuilders normaux… Il en résulte des conduites alimentaires anormales et une obsession du régime, des troubles de l’humeur et des troubles anxieux mais aussi l’usage excessif de stéroïdes anabolisants et parfois même l’injection de fluides servant à gonfler les muscles tels le synthol (les complications liées à l’usage de ces substances pouvant être sérieuses).

Leur objectif est de prendre du muscle sans prendre du gras par souci de correspondre à une image idéale du corps. Parmi les symptômes caractéristiques, notons une tendance à se comparer aux autres et à s’examiner longuement dans les miroirs ou au contraire, un évitement des miroirs. Les hommes qui souffrent de ce trouble éprouvent un sentiment de détresse s’ils manquent l’un des nombreux repas programmés dans le courant de la journée, s’ils ratent une séance d’entraînement ou bien s’ils n’ont pas pu consommer la ration quotidienne de protéines qu’ils s’étaient fixés.

Parmi les hypothèses émises par les psychiatres pour expliquer le complexe d’Adonis, il y aurait l’influence des images du super-héros à la musculature surdimensionnée, véhiculée par les dessins animés et les bandes dessinées pour enfants. Certaines expériences difficiles, vécues au cours de l’enfance comme les moqueries à répétition, le harcèlement ou les problèmes familiaux, pourraient aussi être à l’origine de ce phénomène, que les thérapies cognitive et comportementale peuvent notamment aider à soigner.

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/5 (0 votes cast)

Leave a Reply