« Le corps a ses raisons – Auto-guérison et anti-gymnastique», Thérèse Bertherat

Publié le Dimanche 29 janvier 2012 par Chantal

Les massages thérapeutiques, l’acupuncture, l’auriculothérapie, la réflexologie, et surtout, la méthode Mézières, comptent parmi les références de Thérèse Bertherat, kinésithérapeute et fondatrice de l’anti-gymnastique. Cette technique de rééducation et d’auto-guérison permettrait de corriger tant les laideurs habituelles comme la culotte de cheval, que les difformités posturales plus graves. L’erreur de la gymnastique médicale classique serait de ne pas observer le corps dans sa totalité…

La gymnastique médicale classique analyse et classe les différentes sortes de morphologie humaines qu’elle juge irréversibles : longiligne, bréviligne, ronde, plate ou cubique. Notre structure corporelle imparfaite est considérée comme un état de fait. L’harmonie des proportions est dans cette optique, un don rarement accordé par la nature : la beauté, exceptionnelle, serait donc anormale. Mais dans son livre, Thérèse Bertherat bouscule cette théorie en s’appuyant sur l’enseignement de Françoise Mézières, connu sous le nom de « morphologie parfaite », que d’aucuns considèrent comme véritablement révolutionnaire. D’après cette kinésithérapeute française aujourd’hui disparue, la morphologie ne devrait pas être la science du classement des dysmorphismes, mais l’art de reconnaître la forme parfaite, qui correspondrait à la « normalité ». De son point de vue, l’objectif de la gymnastique médicale serait d’aider les personnes traitées à tendre vers cette forme parfaite. Ni l’importance des déformations acquises (à l’exception des fractures et mutilations), ni l’âge n’empêcheraient de s’en approcher sensiblement. Nous serions tous perfectibles, à condition de pouvoir nous voir dans notre ensemble et de vouloir nous modeler sur cette morphologie parfaite que nous possédons en puissance.

Mais combien d’entre nous sont attachés à un détail qui « fait notre charme », bien qu’il ne soit qu’une déformation qui ne peut que se dégrader au fil des années ? Une démarche « séduisante » qui n’est que l’effet d’une élévation de la hanche ; des omoplates « attendrissantes » parce qu’elles rappellent des ailes d’ange ; un regard « intéressant » parce que le port de tête est désaxé ; des « fesses en l’air » qui sont l’effet d’une région lombaire dangereusement cambrée… nos soi-disant charmes sont des annonciateurs de douleurs et de détresses futures. Seule la beauté se porte garante de la santé, explique l’auteur.

A l’instar des disciplines aux origines parfois très anciennes comme l’acupuncture, le corps doit être compris dans sa globalité ; aucune partie ne peut être corrigée si elle est envisagée indépendamment des autres. Mais souvent, lorsque nous sommes conscients de certaines laideurs de notre anatomie, nous nous acharnerons que sur ces zones-là. Résultat ? Peu ou pas de progrès. Ainsi, explique Thérèse Bertherat, beaucoup de femmes se plaignent tout au long de leur vie de la forme de leurs cuisses: culotte de cheval, alourdissement du haut des cuisses, creux trop marqué entre le haut des cuisses… Aucun exercice physique ou traitement local ne semble satisfaisant. En fait, ces laideurs ne sont que l’effet de la rotation interne des genoux qui, elle, est l’effet de la raideur de toute la musculature postérieure. L’étirement des chaînes musculaires serait l’un des moyens les plus efficaces, d’après l’auteur, pour corriger ce type de difformité.

« Le corps a ses raisons – Auto-guérison et anti-gymnastique», Thérèse Bertherat avec la collaboration de Carol Bernstein (Editions du Seuil)

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