Le trouble de dysmorphie corporelle

Publié le Jeudi 9 février 2012 par Chantal

Les personnes atteintes du « trouble de dysmorphie corporelle » ou dysmorphophobie sont persuadées d’avoir un ou plusieurs défauts physiques en vérité inexistants ou bien minimes. Quand le culte de la beauté et de la minceur tourne à l’obsession pathologique…

Retards, absentéisme, chômage, échec scolaire, séparation, divorce, suicide… la phobie sociale et les stratégies d’évitement générées par ce trouble mystérieux ont des conséquences parfois dramatiques. L’énergie toute entière des personnes qui souffrent du trouble de dysmorphie corporelle (Body Dismorphic Disorder ou BDD) est absorbée par les tentatives de camouflage et d’élimination d’un défaut, réel ou imaginaire, dans leur apparence physique. Des études ont révélé que certaines parties du corps sont plus visées que d’autres : les défauts imaginaires sont localisés essentiellement au niveau du visage (peau, chevelure, nez et yeux), mais aussi au niveau des jambes et des genoux, des seins et des pectoraux, de l’estomac et de la taille, et dans une moindre mesure, au niveau des hanches et des fesses.

Les personnes atteintes du trouble de dysmorphie corporelle présentent divers  comportements pathologiques distinctifs. Elles ont tendance à se comparer sans cesse à autrui et usent et abusent de techniques de camouflage, que ce soit au moyen des vêtements, de la posture, du maquillage, de la coiffure ou d’un chapeau… Par ailleurs, elles ont souvent recours à des professionnels (dermatologues, chirurgiens plastiques…), qu’elles sollicitent en général de manière répétitive. Il peut arriver que ces personnes scrutent constamment leur image dans le miroir ou bien qu’elles évitent soigneusement d’y porter le regard. Elles tentent parfois de supprimer le défaut imaginaire en agissant directement dessus, par exemple en se curant la peau pour en extirper les saletés, les imperfections telles que les boutons, points noirs et autres rougeurs au moyen d’une pince à épiler, d’une épingle, de ciseaux ou d’une lame de rasoir…

D’après le Dr Jean Tignol, auteur du livre « Les défauts physiques imaginaires », cette pathologie est une conséquence de la culture de la beauté qui caractérise notre époque, la perfection physique promue par les médias au premier rang des idéaux devient un outil-clé de reconnaissance et de promotion sociales. « Le changement de statut de la chirurgie esthétique est emblématique de cette évolution », explique-t-il : celle-ci est devenue une pratique sociale « normale ». Ainsi, aux États-Unis, le nombre de personnes ayant eu recours à la chirurgie esthétique est passé de 400.000 en 1992 à 6.6 millions en 2002. Le nombre de rhinoplasties (chirurgie du nez) aurait augmenté de 700% durant cette même période. Les progrès des techniques chirurgicales et l’engouement médiatique pour la chirurgie esthétique auraient contribué à cette évolution. Mais « nos sociétés occidentales promeuvent des images du corps inatteignables pour la plupart des gens », ajoute-t-il, ce qui génère chez beaucoup de femmes en particulier une insatisfaction permanente à propos de leur image physique, avec le risque de basculer tôt ou tard dans un comportement obsessionnel pathologique.

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